19/04/2013

Diesel, vous avez dit Diesel ?

 

Un récent rapport du comité sur la fiscalité écologique vient de se prononcer contre l’avantage fiscal accordé au diesel depuis des décennies en France. Il faut savoir que les moteurs diesel sont en quelque sorte une spécialité française et nos constructeurs, forts de cet avantage comparatif, ont fortement renforcé leur offre de véhicules diesel et largement contribués à ce qu’aucune taxe ne vienne rehausser le prix du litre.

Aaaah le diesel. Spécialité bien française qui nous vaut cette réputation à l’étranger de posséder des moteurs d’avant-guerre nauséabonds. On estime que 60% du parc automobile roule au diesel. Aujourd’hui, il est vrai, le diesel n’est plus celui des voitures de prolos des années soixante-dix. Moins polluant, il n’en reste pas moins très nocif pour l’environnement. Si initialement, la différence de taxation avec l’essence visait à favoriser ceux utilisant le diesel comme chauffage, ou encore comme carburant agricole, aujourd’hui on peut vraiment se demander, face au risque sanitaire croissant, pourquoi une telle différence de traitement ?

Claquer la fiscalité du diesel sur celui de l’essence devrait rapporter à l’Etat environ 7 milliards d’euros. Après, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le bien-fondé de cette mesure alors que les ménages français sont de plus en plus taxés. D’aucuns critiquent le caractère confiscatoire de l’écologie en France. C’est sûr qu’au moment où l’économie française bat de l’aile, et que le secteur automobile est en récession sur le marché européen, est-ce le bon moment ? Soyons sérieux, il n’y aura jamais de « bon moment pour mettre fin à un avantage fiscal qui contribue à créer un marché de niche franco-français confortable pour nos constructeurs. Il n’y a qu’à voir le nombre de véhicules diesels en France (voir choisir-sa-voiture.com en sélectionnant l'onglet carburant). Le gouvernement ferait preuve de courage en adoptant cette mesure fiscale. Mais à l’heure où sa popularité est au plus bas, il y a fort à parier que cette mesure soit reportée sine die.